Violence dans la ville : examen systématique des facteurs de violence contre les populations déplacées

Added December 23, 2019

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Sur la base des conclusions de cette étude, un certain nombre de recommandations ont été formuléesà l’intention des prestataires de services et des chercheurs travaillant avec les populations urbaines déplacées. Ces recommandations ont été émises en vue, entre autres, de l’amélioration de la qualité, de la rigueur méthodologique et de la précision de la recherche sur les facteurs de la violence interpersonnelle et communautaire, ainsi que de la nécessité d’évaluer l’efficacité des programmes de lutte contre la violence, d’inclure les auteurs des actes en cause dans la recherche pour mieux comprendre et finalement prévenir la violence, et d’adopter une approche socio-écologique de la conception et de l’évaluation des interventions liées à la violence. Elles s’adressent également aux acteurs de l’aide humanitaire luttant contre la violence en milieu urbain.

Comme 60 % des réfugiés et 80 % des déplacés internes vivent actuellement en milieu urbain, l’aide humanitaire qui leur est destinée est dirigée de plus en plus des régions rurales et des camps vers les zones urbaines. Les données montrent que les personnes déplacées sont exposées non seulement aux facteurs de violence propres aux zones urbaines, mais aussi à ceux communs dans divers contextes humanitaires, y compris les camps de réfugiés. Les tensions économiques, l’incapacité de satisfaire aux besoins fondamentaux en matière d’alimentation et de logement, le manque de protection juridique et la discrimination générale à l’encontre des réfugiés et des déplacés internes par les communautés d’accueil sont autant d’exemples de défis auxquels les populations déplacées sont confrontées en milieu urbain et qui contribuent à
la violence dont elles sont victimes.

Les risques de violence pour les personnes déplacées dans les camps humanitaires sont bien étayés et incluent la violence sexiste, la violence conjugale, la violence sexuelle et les mariages forcés, ainsi que plusieurs autres formes de violence intercommunautaire, la discrimination et la privation de ressources, d’aide ou de biens. Cependant, on n’en sait que très peu sur les types et les facteurs de violence ainsi que sur les interventions visant à réduire la violence parmi les populations déplacées et d’accueil dans les zones urbaines, des populations qui se heurtent probablement à des difficultés d’un tout autre ordre en raison de la complexité des infrastructures, du contexte sociopolitique et des systèmes de prestations de services existant dans les villes.

 

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